Acéphalocyste
- Anatomie pathologique et thérapeutique
- A. Le Pileur
- Encyclopédie moderne
Acéphalocyste. Ce nom a été donné par Laënnec à une production organique qui consiste en des vésicules sphéroïdales contenues sans y adhérer dans une poche particulière, ou kyste, qui les isole des parties environnantes. Considérée généralement aujourd’hui comme appartenant à une espèce inférieure du règne animal, les acéphalocystes, qu’on désigne habituellement par le nom d’hydatides, jouent un grand rôle en pathologie.
Tantôt solitaires, tantôt réunis en groupe, les acéphalocystes se rencontrent dans le tissu cellulaire, et par conséquent on peut les trouver dans toutes les parties du corps humain ; souvent leur existence n’est indiquée par aucun signe, jusqu’à ce qu’enfin quelque fonction soit compromise par leur présence. Des auteurs anciens ont connu et décrit les acéphalocystes. On a les considérés comme l’origine de plusieurs tumeurs, athérômes, meliceris, stéatômes. Les deux premières peuvent en effet n’être que des hydatides dégénérées ; quant au stéatôme proprement dit ; il en diffère essentiellement. On a voulu rapporter aussi le cancer aux acéphalocystes, peut-être parce que des hydatides se sont quelquefois rencontrées dans des tumeurs squirrheuses : il est douteux que l’étiologie du cancer et des hydatides soit la même ; mais il est certain que des kystes acéphalocystes, par leur forme, par leur résistance et même par les douleurs qu’ils font naître dans leur voisinage, peuvent simuler le squirrhe. Nous avons vu le professeur Dupuytren ouvrir, par une ponction explorative, une tumeur du sein qu’on aurait pu prendre pour un squirrhe, et dans laquelle cet illustre chirurgien soupçonnait et reconnut un kyste hydatique. Les causes qui déterminent la formation des acéphalocystes sont obscures ; souvent on les voit se développer sans cause connue, quelquefois on a pu les attribuer à des contusions ou à d’autres causes violentes.
Le pronostic des tumeurs acéphalocystes diffère, suivant la région qu’elles occupent. Elles se sont toujours montrées rebelles à la thérapeutique médicale, et souvent leur siège est hors de la portée des moyens chirurgicaux.
Il n’est pas de tumeur d’un diagnostic obscur dans laquelle le médecin ne doive soupçonner, entre autres choses, des acéphalocystes.