Affiloir

  • Technologie
  • Encyclopédie moderne

Affiloir. Instrument destiné à faire disparaître le morfil des instruments tranchants, lorsqu’ils viennent d’être aiguisés à la meule, ou bien à leur rendre le fil, lorsqu’ils l’ont perdu par l’usage. Cette opération se fait à la main et avec une ardoise, un morceau d’acier ou une pierre à gros grains quand la lame n’est pas destinée à des usages délicats. Quand, au contraire, il s’agit d’instruments dont le tranchant doit être fin et doux en même temps, comme les rasoirs, les instruments de chirurgie, on emploie une pierre schisteuse jaune, sur la surface de laquelle on répand quelques gouttes d’huile, destinées à favoriser le glissement de la lame. Les cuirs sur lesquels on promène les rasoirs sont aussi des espèces d’affiloirs. Le génie des inventeurs s’est exercé fréquemment sur cet objet, et le nombre des cuirs à rasoirs, différant entre eux par la forme, par la nature du cuir, par la pommade dont on le couvre, est incalculable. Laquelle de ces inventions doit être préférée ? Aucune peut-être. Au reste c’est à l’expérience à en juger.

Comme nous l’avons dit, quand on veut affiler des instruments plus grossiers, tels que les ciseaux, les couteaux on se sert d’une pierre à gros grains, qui n’est autre chose qu’un morceau de schiste ardoiseux. Pour les faux, on promène la pierre sur toute la longueur de la lame.

Le premier et le plus simple des affiloirs métalliques se compose d’un morceau d’acier cylindrique appelé fusil chez les couteliers et dans les ménages.

On a imaginé, il y a quelques années, un affiloir fait avec deux limes d’acier très fines montées dans un petit appareil métallique, de manière que le couteau, introduit dans l’espace qui les sépare, puis poussé et retiré alternativement, les touche toutes deux et se trouve affilé par le frottement. Un autre instrument du même genre, et qui n’est qu’un perfectionnement de celui-là, se compose de deux cylindres d’acier placés parallèlement, et garnis de cercles d’environ deux lignes de largeur, qui s’emboîtent légèrement les uns dans les autres, et sont striés de manière à former de véritables limes. On place le tranchant du couteau dans l’espace triangulaire formé par les deux segments de cercle à leur rencontre, et on lui imprime, de même que dans l’affiloir précédemment décrit, plusieurs mouvements, dans lesquels l’action des deux limes latérales amincit la lame et en redresse les dentelures. On y ajoute deux cylindres pareils, mais dont les cercles sont polis, de manière à abattre le mortil qui pourrait résulter de l’action des premiers.