Affineur
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Affineur. Dans les arts, on donne le nom d’affinage à l’opération par laquelle on purifie diverses substances, telles que le fer et les autres métaux ; mais on désigne particulièrement sous le nom d’affineur l’ouvrier qui s’occupe de l’épuration de l’or et de l’argent. Son travail a pour but de rendre ces métaux parfaitement malléables, en les séparant des matières étrangères qui en altèrent les qualités ; cette opération leur donne plus de ténacité et de ductilité, et les rend susceptibles de former, sous le marteau du batteur d’or, ces feuilles si légères, et à la filière du tireur d’or, ces fils si déliés qui entrent dans la composition des étoffes les plus riches.
Les matières d’or et d’argent se trouvant presque constamment mélangées de cuivre, d’étain et même de plomb, on commence par les débarrasser de ces derniers métaux, afin qu’il ne reste plus qu’un alliage d’or et d’argent, qu’on sépare ensuite par une opération subséquente. L’alliage impur est donc mis d’abord dans un creuset avec un vingtième de nitre, et exposé à une chaleur suffisante pour fondre le métal, décomposer le nitre, et oxyder les métaux étrangers, qui se séparent sous forme de scories au-dessus du bain métallique : cette opération se nomme la poussée ; on laisse refroidir, et on retire le culot d’or et d’argent qui se trouve au fond du creuset.
Ce culot est de nouveau fondu, et ensuite versé par petit filet dans de l’eau, où il se réduit en grenaille. On traite cette grenaille par de l’acide nitrique dans des vases de platine ; l’argent se dissout, et l’or reste au fond des vases sous forme de poussière ou de petites masses d’un brun jaunâtre. On fait fondre cet or dans des creusets où l’on met un peu de nitre, et l’on obtient ainsi ce qu’on appelle or de départ.
Pour retirer l’argent contenu dans les dissolutions, on y plonge des plaques de cuivre rouge décapé ; l’argent se dépose peu à peu sous forme d’une mousse cristalline, et on n’a plus qu’à le fondre avec un peu de nitre et de borax pour le réduire en lingot.
Lorsque l’alliage qu’il s’agit d’affiner contient plus du quart de son poids d’or, l’acide ne peut pas l’attaquer ; on est obligé d’y ajouter de l’argent en quantité suffisante pour que l’or ne forme plus que le quart de l’alliage : cette opération se nomme inquartation.
L’argent de départ obtenu par le procédé ci-dessus contient encore un millième d’or. M. Dizé, affineur des monnaies, a trouvé le moyen d’extraire ce millième en substituant, dans sa méthode d’affinage, l’emploi de l’acide sulfurique à celui de l’acide nitrique.