Adresse
- Encyclopédie de famille
Adresse. Dans la langue politique, on entend par ce mot une lettre de respect, de félicitation, d’adhésion ou de demande, adressée au souverain par un corps politique, ou par. une réunion de citoyens. L’usage des adresses est originaire d’Angleterre, où le parlement est dans l’habitude de répondre par une adresse au discours d’ouverture ou de clôture de la session que prononce le souverain. Cet usage a passe dans les mœurs politiques de la plupart des États constitutionnels. En France, on sait quelle importance prit la discussion de l’adresse sous la monarchie constitutionnelle, et notamment dans les dernières années du règne de Louis-Philippe. La République de 1848 avait aboli les adresses ; aucune réponse n’était faite au manifeste du président. L’Empire les rétablit, pour le Sénat et le Corps législatif, par un décret du 24 novembre 1860 ; mais elles devaient se borner à l’émission de vœux. Néanmoins la discussion de l’adresse fut supprimée en 1867, et remplacée par le droit d’interpellations, qui doivent être autorisées par les bureaux.
L’adresse des deux Cent vingt et un, au roi Charles X, votée en 1830 par la Chambre des députés, et ainsi appelée du nombre de membres qui l’adopta, est sans contredit l’une des plus mémorables en raison des événements extraordinaires qu’elle amena et qui se terminèrent par la révolution de Juillet. La révolution de Février suivit aussi une célèbre discussion d’adresse. C’est encore dans une discussion d’adresse que la Chambre des députés introduisit des expressions flétrissantes pour ceux de ses membres qui avaient fait le voyage de Belgrave-Square. Par un autre vote elle empêcha une fois le gouvernement de ratifier un traité conclu avec l’Angleterre à propos de la traite des nègres, et qui consacrait le droit de visite. Ce fut encore une discussion de l’adresse qui arrêta l’expédition projetée contre Madagascar. En Angleterre, l’adresse des chambres excite à un moins haut degré l’intérêt public, parce qu’elle y a en effet moins d’importance, tout membre ayant le droit de proposer directement à la chambre dont il fait partie une adresse à la couronne. Lorsqu’il s’agit de répondre au discours d’ouverture du parlement, le projet d’adresse est immédiatement proposé par un membre de la majorité, et ce projet n’est le plus ordinairement qu’une paraphrase du discours lui-même. L’opposition a le droit de proposer un autre projet d’adresse, mais elle use rarement de ce droit, parce qu’elle est libre dans le cours de la session, sans aucune entrave ni restriction, de proposer quand il lui plaît quelque adresse spéciale à la couronne.