Aiguillette

  • Encyclopédie de famille

Aiguillette, tresse ou lacet formé d’un tissu d’or, d’argent, de soie ou de laine, dont les bouts sont en pointe de métal. Dans le moyen âge, et depuis l’usage des armures complétés, on donna le nom d’aiguillettes ou cordons à ferrets aux lacets qui en liaient les différentes parties. Le vainqueur coupait les aiguillettes du vaincu pour disperser les pièces de l’armure. Conserver ses aiguillettes, c’est-à-dire les porter, était un honneur ; les perdre devenait une honte. Même lorsqu’on ôtait les cuirasses on gardait les aiguillettes comme insigne de bravoure. C’est ainsi que naquit, dit-on, l’idée qui s’attache encore au port de l’aiguillette. On donne pourtant une autre origine à ces insignes. Le duc d’Albe, à ce qu’on raconte, ayant menacé de la corde un corps flamand dont il avait à se plaindre, les soldats déclarèrent à leur général que pour prouver combien ils voulaient à l’avenir mériter son estime, chacun d’eux porterait sur l’épaule une corde avec son clou pour être pendu s’il oubliait son devoir. Ce corps devint un corps d’élite, et ce fut un honneur de porter la corde, qui devint l’aiguillette. D’autres pensent enfin que lorsque chacun avait le costume prescrit par les règlements pour la classe à laquelle il appartenait, et quand souvent même on portait les insignes de sa profession, les gardes préposés a la police avaient sur l’épaule un trousseau de petites cordes destinées à attacher les malfaiteurs qu’ils arrêtaient. Dans la suite, on en fit une espèce d’ornement pour la maréchaussée, dont la gendarmerie de nos jours est l’héritière directe. Ces petites cordes ou aiguillettes, tantôt rondes, tantôt plates, servirent ensuite à distinguer les différentes armes et les différents grades. On les plaçait indifféremment sur l’une ou l’autre des deux épaules ; on les fixait à un bouton attaché près du collet de l’habit, et elles s’y adaptaient au moyen d’une ganse posée à l’extrémité de l’épaule. Quelques régiments de dragons, les chevau-légers, les gardes de la marine, les cadets gentilshommes et la maréchaussée portaient des aiguillettes. Elles furent réservées plus tard aux armes spéciales et à quelques troupes d’élite, telles que la garde impériale et la garde royale. Les officiers du corps d’état-major et de la garde impériale, quelques corps à cheval de cette garde, la garde de Paris et la gendarmerie en sont décorés. Elle est la marque distinctive du grade pour les aspirants de marine. Les pages la portaient autrefois. Les domestiques des grandes maisons l’ont encore.